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CECN

CECN

Met en valeur la vision et l'approche de la comptabilité écosystémique

Définition, Rôle et Objectifs

La comptabilité écosystémique du capital naturel (CECN) est un outil qui permet de mesurer et de suivre l’état des écosystèmes et des ressources naturelles d’un pays ou d’une région. Elle fournit des données sur les services écosystémiques, leur valeur économique et leur évolution dans le temps, afin d’aider à la prise de décision, à la planification durable et au suivi des politiques environnementales. Elle est une méthode comptable innovante qui vise à intégrer la valeur des écosystèmes et les coûts de leur dégradation dans les comptes nationaux et les indicateurs macroéconomiques. Elle repose sur une analyse multicritère combinant des données biophysiques et socioéconomiques, permettant d’évaluer le potentiel, les services rendus et la durabilité des systèmes socioécologiques d’un pays. La comptabilité écosystémique joue un rôle essentiel dans la prise de décisions éclairées pour les politiques et stratégies publiques et privées en matière de gestion durable des ressources naturelles et de protection de l'environnement.

L’objectif de la CECN

Mise en œuvre d’une comptabilité

la mise en œuvre d’une comptabilité qui renseigne sur la durabilité des écosystèmes et de leurs ressources renouvelables. C’est une approche qui part de l’évaluation des services écosystémiques offerts (d’approvisionnement: en bio-carbone à partir des produits des récoltes agricoles, forestiers et de la pêche; de régulation: par séquestration de carbone, absorption de la pollution des « eaux grises » par les rivières et protection contre les inondations; socioculturels: accessibilité de la ressource) et de leur praticabilité, afin d’analyser leur exploitation.

Outil de diagnostic

La CECN est d’un intérêt considérablement important. Elle constitue un outil de diagnostic précieux qui fournit des informations utiles aux décideurs, en montrant les impacts des activités humaines sur les écosystèmes et en évaluant la portée de leur utilisation, la santé et la qualité de la performance des écosystèmes à fournir les services essentiels à la nature et à l’humain.

Outil de suivi

La CECN permet également de faire le suivi des flux et des stocks physiques des écosystèmes et l’évaluation des amortissements et des réinvestissements qu’il faudra effectuer afin de conserver le capital naturel.
CECN en l’Afrique

En Afrique, la mise en œuvre de la CECN est portée par le projet COPERNICEA (2020–2024) dont la coordination des activités est assurée par l’ ’Unité de Gestion du Projet (UGP) hébergée au sein de l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS). Les réalisations clés concernent: 

  • L’élaboration de comptes écosystémiques nationaux pour les six pays partenaires (Burkina Faso, Guinée, Maroc, Niger, Sénégal et Tunisie), couvrant des aspects de Couverture de terres, de l’eau, des infrastructures et du carbone.
  • Une première série de comptes écosystémiques à l’échelle continentale, dénommée Afrik’ENCA, a été produite, fournissant une vue d’ensemble du capital naturel en Afrique. oss-online.org
  • Plus de 200 experts ont été formés à travers des sessions thématiques, renforçant ainsi les compétences locales en comptabilité écosystémique;
  • Des ateliers de sensibilisation et de renforcement des capacités ont été organisés dans plusieurs pays, dont le Maroc, la Guinée et la Tunisie, pour promouvoir la méthodologie CECN et son application pratique. 
  •  La création de la plateforme ENCA.Genius, un outil de mesure et de suivi du capital naturel et de la résilience des écosystèmes aux niveaux continental, national et local. oss-online.org
  • La plateforme Sys4ENCA a été développée pour faciliter la création systématique de comptes écosystémiques, avec un accent particulier sur l’intégration des données locales et la formation d’experts régionaux. (UICN)
  • Des comités de parties prenantes nationales et locales ont été établis pour assurer l’appropriation des résultats du projet et leur intégration dans les processus décisionnels.
  • Les résultats de la comptabilité écosystémique ont été utilisés pour renforcer le dialogue avec les acteurs nationaux et locaux, facilitant ainsi l’intégration des services écosystémiques dans les plans de développement.
  • Des plaidoyers initiés dans les pays visant à sensibiliser les décideurs sur l’adoption de la CECN et son intégration dans les politiques de développement 

Cadre conceptuel de la CECN

La comptabilité écosystémique du capital naturel (CECN) a été développé par M. Jean-Louis Weber en 2014, dans le contexte de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB). Elle se base sur la comptabilité biophysique des ressources disponibles dans un écosystème simplifié en intégrant deux types de comptes: 

Les comptes de base

Ces comptes permettent d'établir un indice sur la soutenabilité quantitative de l'utilisation des écosystèmes, mesurant l'épuisement des ressources naturelles au fil du temps. Ils sont complétés par un diagnostic de l'état de santé de l'écosystème et par l'estimation de sa valeur écologique moyenne. Ces comptes sont ensuite synthétisés dans un indice composite de la capabilité écosystémique totale, exprimé en Unités de Capabilité de l'Écosystème (UCE). 

Les comptes de bases sont: 

  • le Compte de la couverture des terres
  • le Compte de l'eau douce écosystémique 
  • le Compte du bio-carbone 
  • le Compte du service fonctionnel de l'infrastructure écosystémique 

 

Le compte de la capabilité écosystémique du capital naturel (UCE)

Ce compte est établi pour chaque compte de base (eau, bio-carbone, infrastructure écosystémique). L'ensemble est synthétisé dans un indice composite de la capabilité écosystémique totale, comptabilisé en Unité de Capabilité de l'Écosystème (UCE). Cet indice représente la valeur écologique unitaire moyenne d'un écosystème et son évolution au fil du temps.

L'Unité de Capabilité de l'Écosystème (UCE) est une mesure hypothétique utilisée pour évaluer de manière synthétique la capacité d'un écosystème à fournir des services écologiques et des bénéfices environnementaux. Cette unité vise à quantifier la contribution des écosystèmes à la société en termes de services fournis, tels que la régulation du climat, la purification de l'eau, la fertilité des sols, et la biodiversité, en les intégrant dans un indicateur unique. L'UCE permet ainsi une comparaison et une évaluation plus facile des différentes fonctions et valeurs des écosystèmes dans des contextes économiques et de gestion environnementale.

L’Unité de Capabilité de l'Écosystème (UCE) est une "devise" exprimant de manière synthétique le "prix unitaire" dans la comptabilité nationale.

Intégration dans les politiques publiques

L’intégration de la Comptabilité Écosystémique du Capital Naturel (CECN) dans les politiques publiques et les stratégies de développement constitue un levier majeur pour une planification durable. Elle permet:

De valoriser la contribution des écosystèmes à l’économie nationale

en inscrivant la valeur des services rendus (régulation hydrique, pollinisation, séquestration du carbone, filtration de l’eau, etc.) dans la comptabilité nationale et en appuyant la construction d’indicateurs de « PIB vert »; 

 

D’orienter les choix politiques

en rendant visibles les bénéfices et les coûts liés à la conservation et à l’utilisation durable des ressources naturelles, réduisant ainsi les impacts négatifs involontaires des politiques sectorielles; 

De renforcer la résilience économique et sociale

en intégrant le capital naturel dans les stratégies d’aménagement du territoire et les plans de développement, à l’échelle nationale comme locale; 

Intégration de la nature dans l’économie

Elle permet d’inclure la valeur des écosystèmes dans les systèmes économiques, budgétaires et de planification nationale.

 

D’appuyer une croissance durable à long terme,

en améliorant la compréhension des interactions entre écosystèmes et activités humaines, et en orientant les décisions vers des trajectories plus durables.

La CECN outille les décideurs pour mieux anticiper les pressions environnementales, soutenir la création de valeur et d’emplois, et promouvoir un développement équilibré entre économie, société et nature.